Entreprise

Pourquoi mettre en place un accord de cooptation ?

9 juillet 2022

Dans un marché où la pénurie des compétences fait rage, tous les moyens permettant de capter des candidatures méritent d’être étudiées. La cooptation fait partie des pratiques qui produisent le plus de résultats qualitatifs, car si elle bien faite son principe même permet d’associer l’ensemble des collaborateurs à une action « ciblée » en lien avec vos enjeux et besoins.

Comment ça marche ?

Un accord de cooptation prévoit qu’une gratification (souvent financière) vienne récompenser les collaborateurs qui fournissent des candidats aux postes ouverts dans l’entreprise.

Selon les entreprises, cette gratification est forfaitaire (toujours le même montant) ou dépendante de la nature du poste voire de la séniorité du profil coopté. Dans tous les cas, le principe d’un accord de cooptation nécessite des règles claires et stimulantes qui donnent envie aux collaborateurs de jouer le jeu.

C’est pourquoi, selon les études menées par KeyCoop en 2019, il est important que le montant de la prime proposée soit significatif pour que le process produise les effets espérés. Le montant moyen enregistré chez leurs clients s’élevait à 600 € à cette période. Depuis la mise en place de la démarche n’a fait que s’accélérer dans bon nombres d’entreprises, quelle que soit la taille ou le secteur d’activité.

Enfin, il est important de prévoir un versement de tout ou partie de la prime en fin de période d’essai du candidat coopté pour vous épargner les approches de mercenaires que ce type de pratique pourraient générer.

Les avantages ?

  • Lorsqu’elle est bien pensée, la cooptation a pour effet très bénéfiques d’associer les collaborateurs aux enjeux de recrutement de son employeur. Il se sentent ainsi davantage reconnus et concernés, ce qui développe un sentiment de confiance.
  • Les candidatures sont en général de qualité. La recommandation est engageante pour celui qui la fait et pour celui qui la reçoit ! Un collaborateur qui coopte s’engage vis-à-vis de son entreprise et met en jeu sa crédibilité.
  • La cooptation oblige l’employeur et les collaborateurs à communiquer sur les besoins et la stratégie de l’entreprise, à s’accorder sur le discours à tenir pour présenter l’entreprise, etc. Cela développe le partage d’informations, les réflexions nouvelles voire l’ouverture à des profils différents. Des interactions riches peuvent naître de cette pratique, ainsi que d’avantage d’autonomie.
  • Un collaborateur qui coopte une personne se sentira davantage responsable de la réussite en cas de recrutement. Cela peut susciter de la cohésion et du soutien au sein des équipes.
  • La cooptation est un levier fort pour le développement de la Marque Employeur au sein des entreprises. Quand un collaborateur recommande une de ses connaissances à sa propre entreprise, cela prouve qu’il apprécie son cadre de travail et qu’il est fier de son entreprise. C’est essentiel pour attirer de nouveaux talents.

Prudence !

  • Vos collaborateurs doivent être informés, voire formés. S’ils font la promotion de votre entreprise pour susciter des candidatures, vérifiez qu’ils transmettent des informations appropriées tant sur votre entreprise que sur les opportunités ouvertes.
  • Ne pas confondre cooptation et « copinage ». Par la cooptation, on recommande quelqu’un pour ses compétences (et non pour l’affection qu’on lui porte ou les liens familiaux existants). On recommande aussi ses savoir-être. La personnalité du candidat est aussi prise en compte. Cela permet de s’assurer que le profil recommandé soit en accord avec les valeurs et l’image de l’entreprise.
  • Le système doit être fiable, transparent et équitable. Vos collaborateurs pourraient se démotiver, voir ne plus vous faire confiance, s’ils ont le sentiment que leurs efforts fournis pour susciter des candidats n’est pas pris en compte, que les primes promises tardent à venir ou que vos process de recrutement décourage les candidats qu’ils vous fournissent.
  • Il ne faudrait pas que l’action de votre collaborateur vienne engendre des tensions avec vos partenaires, fournisseurs ou clients, au risque de dégrader l’image de votre entreprise. Reposez-vous régulièrement la question des cibles (liste d’entreprises) dans lesquelles vous ne souhaitez pas que vos collaborateurs « chassent ».
  • La marche arrière est difficile ! Une fois l’accord convenu, les salariés considèrerons le système acté. Si vous ne souhaitez le déployer que de manière temporaire, soyez bien clair avec vos équipes dès le départ.

En conclusion, déployer un accord de cooptation nécessite, au même titre que tous vos accords, de le revisiter régulièrement et de mettre en place des outils de pilotage qui attestent de la sincérité de l’entreprise d’y accorder de l’importance et de reverser les primes promises.

Pour finir …

La démarche peut aussi s’ouvrir à des pratiques de cooptation externe, très usitées dans le monde de IT par exemple. Le principe est globalement le même, mais le recruteur va alors solliciter son réseau en dehors de l’entreprise : son propre réseau professionnel (par exemple via les réseaux sociaux) ou des réseaux de coopteurs organisés, pour obtenir des recommandations et dénicher des talents.

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