Document unique RPS : pourquoi et comment intégrer les risques psychosociaux au DUERP ?
26 mai 2026Autonomie, sens du travail, qualité des relations interpersonnelles, reconnaissance : ces dimensions jouent aujourd’hui un rôle central dans l’expérience professionnelle. Lorsqu’elles sont réunies, elles contribuent à l’engagement, à la coopération et au sentiment de bien travailler ensemble. À l’inverse, lorsqu’elles se dégradent (surcharge durable, manque de marges de manœuvre, tensions relationnelles, perte de sens, transformations mal accompagnées) elles peuvent devenir des facteurs de risques pour la santé des salariés.
Les risques psychosociaux (RPS), sont aujourd’hui reconnus comme des enjeux de santé au travail à part entière, au même titre que d’autres risques professionnels tels que les troubles musculosquelettiques, les risques physiques ou les risques liés à l’environnement de travail. Mais ils ont la particularité d’être au cœur des préoccupations des salariés, quel que soit le secteur d’activité car ils impactent directement à la manière dont chacun vit son travail au quotidien.
L’enjeu, pour les organisations, est donc de préserver ces facteurs protecteurs et de créer des conditions favorables à la santé, à la qualité du travail et à la performance collective.
Heureusement, le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) existe et constitue une formidable base pour piloter la prévention des risques, dont les RPS.
Mais concrètement, comment « faire une annexe RPS » ? Est-ce une obligation juridique ? Comment la construire ? Vous trouverez les réponses à ces questions dans cet article !
Rappel de ce qu’est le DUERP
Obligatoire depuis 2021 (décret n° 2001-1016), le DUERP est le document dans lequel l’employeur ressence et évalue tous les risques potentiellement présents dans son entreprise. Il doit être rédigé et mis à jour par l’employeur (sa responsabilité) dans le but de définir un plan d’action pour prévenir ces risques.
Depuis la loi Santé au travail (2021), le lien entre évaluation des risques et plan d’action a été renforcé. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les résultats du DUERP alimentent le PAPRIPACT (programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail). Il vise à formaliser les mesures de prévention à mettre en œuvre sur l’année à venir.
En résumé : le DUERP identifie et évalue les risques ; le PAPRIPACT organise les actions pour les prévenir ou les réduire.
Et les RPS dans tout ça ?
Juridiquement, le Code du travail ne parle pas nécessairement d' »annexe RPS » en tant que document autonome. L’obligation porte sur l’évaluation de l’ensemble des risques professionnels, ce qui inclut les risques psychosociaux. Les RPS doivent donc être intégrés au DUERP, au même titre que les autres risques.
En pratique, de nombreuses entreprises choisissent de créer une partie dédiée aux RPS : c’est ce que l’on appelle souvent l’annexe RPS du DUERP.
Son intérêt est simple : éviter que les RPS soient dilués dans une approche trop générale, et leur donner une place lisible dans la démarche de prévention.
En pratique, comment construire une annexe RPS ?
Vous l’aurez compris, construire une annexe RPS ne consiste pas seulement à ajouter une ligne dans le DUERP. L’enjeu est de suivre une méthode simple, structurée et centrée sur le travail réel.
L’objectif est clair : faire de l’annexe RPS un outil d’action, et non un simple recueil.
Cadrer la démarche
Il est essentiel de définir le périmètre, les objectifs, les acteurs associés ainsi que les règles de confidentialité. L’enjeux, est de créer un climat de confiance et de donner du sens à la démarche.
Identifier les situations de travail à risque
L’analyse des RPS doit être menée au plus près du travail réel. Les contraintes ne sont pas les mêmes selon les métiers, les services, les sites, les horaires ou les collectifs de travail.
Pour objectiver les situations, il est utile de croiser plusieurs sources : questionnaire, entretiens, indicateurs RH, service de santé au travail etc. pour comprendre ce qui se joue concrètement dans l’activité.
L’analyse doit répondre à ces 3 interrogations :
- Où les risques apparaissent-ils ?
- Comment se manifestent-ils ?
- Qu’est-ce qui les produit dans l’organisation du travail ?
Cette analyse peut s’appuyer sur les grandes familles de facteurs de risques psychosociaux issues des travaux de Gollac & Bodier, une façon claire de classer les RPS.
Prioriser et transformer en actions
C’est la partie la plus importante de la démarche. Une fois les risques identifiés, il faut les hiérarchiser et les traduire en actions concrètes.
Il ne s’agit pas seulement de constater qu’une équipe est exposée à une forte charge ou à des tensions relationnelles, mais de définir ce que l’entreprise peut mettre en place pour réduire ces facteurs de risque. Chaque action doit être reliée à un risque identifié, avec un pilote, une échéance et des modalités de suivi. C’est ce qui permet de faire de l’annexe RPS un véritable outil de pilotage de la prévention, et non un simple document réglementaire.
Comment Better Human peut accompagner les entreprises ?
Chez Better Human, nous accompagnons les organisations dans l’intégration des RPS au DUERP. Notre rôle est d’aider l’entreprise à structurer une démarche à la fois rigoureuse, participative et opérationnelle.
Nous intervenons notamment pour :
- cadrer la démarche avec vous,
- construire ou adapter les outils de diagnostic
- réaliser le diagnostic
- analyser les facteurs de RPS par unité de travail ;
- formaliser l’annexe RPS du DUERP ;
- construire un plan d’action ou alimenter le PAPRIPACT ;
- accompagner les managers dans la prévention au quotidien.
L’objectif n’est pas seulement de produire un document conforme. Il est de permettre à l’entreprise de mieux comprendre ses situations de travail et de développer une politique de prévention durable.
En résumé
L’annexe RPS du DUERP n’est pas une obligation juridique autonome. Mais elle constitue, en pratique, un support précieux pour intégrer sérieusement les risques psychosociaux dans la démarche de prévention.
Elle permet de rendre visibles des risques parfois diffus, de les analyser à partir du travail réel et de construire des actions adaptées.
Bien utilisée, elle transforme le DUERP en véritable outil de pilotage : un outil au service de la santé des salariés, de la qualité du travail et de la performance durable de l’entreprise.
